Ces assassinats massifs de femmes amérindiennes que le Canada refuse de voir

0
335
Assassinats de femmes amérindiennes au XXème siècle.

Ces assassinats massifs de femmes amérindiennes que le Canada refuse de voir

C’est un drame quasi ignoré, un angle-mort de la société canadienne. Celui des femmes autochtones, qui meurent ou disparaissent, victimes de la vulnérabilité sociale de leur communauté, de la frustration des hommes et de l’héritage colonial. En 30 ans, elles sont 1181 à avoir disparu. On a retrouvé les corps de 90% d’entre elles. Proportionnellement, rapporté à la communauté autochtone (4% de la population canadienne), c’est l’équivalent de 8 000 Québécoises.

Des jeunes filles quittent les réserves où elles vivent pour aller rejoindre les grandes villes. Isolées, hyper-fragiles, elles sont prises en main par les proxénètes à leur arrivée. Ces derniers les attendent parfois à l’aéroport de Montréal, quand elles débarquent.

Cela me rappelle les petites bonnes bretonnes à leur arrivée à Paris, il y a longtemps.

D’après les enquêtes qui ont été menées, les hommes indiens participent à ces réseaux en informant les proxénètes de l’arrivée des adolescentes ou des jeunes femmes. Elles sont droguées, ou se droguent parce qu’on les a sans doute amenées à se droguer. C’est un cercle vicieux. La nature même du trafic n’a pas encore été totalement mis à jour, mais ce qui est frappant, c’est la surreprésentation de ces femmes indiennes dans ces populations fragiles. Des recherches expliquent que 90% des prostituées juvéniles, mineures, sont autochtones. Or, elles ne sont que 4% dans la population canadienne.

Ces jeunes femmes sont des boucs-émissaires de la frustration sociale des hommes. Elles sont victimes à la fois de violences intracommunautaires et familiales, qui sont probablement majoritaires, mais aussi de la violence extérieure des prédateurs de la rue. Depuis plusieurs années, une commission est chargée de récolter des témoignages, à travers le pays, sur les pensionnats des congrégations catholiques, et protestantes, qui accueillaient les enfants autochtones afin d’ « ôter l’indien en eux ». C’est l’expression qui était utilisée. Dans ces pensionnats, sous couvert d’éducation, les enfants indiens étaient empêchés de parler leur langue. (Ce fut aussi le cas sous Franco en Espagne avec, par exemple, le catalan). On leur passait la langue au savon dès qu’ils prononçaient un mot non-français. On les battait. Certains ont subi des violences sexuelles, notamment de la part des religieux. Ces enfants étaient affamés et on menait des expériences médicales nutritionnelles sur eux. Tout petits, ils se suicidaient, fuguaient, mourraient en s’échappant, parce qu’ils se retrouvaient dans le froid. Quand ils rentraient parfois dans leur famille, l’été, ils ne pouvaient même plus communiquer avec leurs parents car ils ne parlaient plus leur langue. Au total, plus de 150 000 enfants autochtones sont passés par les pensionnats, pendant 150 ans.

La misère des communautés fait que les femmes autochtones sont devenues des proies. Comment se fait-il que, dans ce pays où il y a un consensus social fort, une intégration facile des immigrés, une volonté d’égalité, on n’arrive pas du tout à faire que les Autochtones prospèrent ? C’est une question très délicate car les Autochtones eux-mêmes ne veulent pas être considérés comme « canadiens ». Le problème est donc complexe et difficile à résoudre. Pour avoir souvent résidé au Canada je ne peux pas nié qu’il existe un antagonisme très fort entre les deux communautés. Je me souviens du tronçon de route à Montréal qui passe par la réserve indienne, où les indiens ont une licence spéciale qui leur est réservée,  pour vendre les cigarettes. Là j’ai pu mesurer l’abime qu’il existe entre indiens et canadiens, du fait des 2 communautés.

D’après le livre « Sœurs volées, Enquête sur un féminicide au Canada »,d’ Emmanuelle Walter. manif-femmes-autochtones

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here