Et hop, un scandale sanitaire de plus !

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La pilule contraceptive Diane 35

Sept morts, mais sûrement bien plus, et 125 cas d’accidents artériels et veineux dont les thromboses, c’est-à-dire la formation de caillots sanguins obturant les veines, voilà ce qu’aurait causé la pilule Diane 35 depuis sa commercialisation en 1987. Diane 35 est une pilule anti-acné du groupe Bayer. Mais souvent, depuis près de 30 ans, le médicament est détourné de son usage initial pour être utilisé comme contraceptif. Ce qui le rend encore plus dangereux que les pilules de 3ème génération, qui font actuellement polémique en faisant courir un risque d’accident thrombo-embolique deux fois plus élevé que les pilules de 2ème génération. En janvier, la ministre actuelle de la santé, Marisol Touraine, avait affiché sa volonté de limiter les prescriptions. Mais pourquoi attendre si longtemps et pourquoi tant d’hésitations ? Cela me rappelle l’affaire du Médiator, interdit dans de nombreux pays, des années avant que la France prenne la décision de le suspendre. Pour sa défense, le laboratoire Bayer a rappelé que le risque de thrombose lié à la prise de la pilule Diane 35 était “connu et clairement indiqué”. Le pire c’est les effets soi disant “positifs” de cette pilule que l’on vantait aux médecins:

  • les règles peuvent être moins abondantes et plus courtes ce qui peut réduire le risque d’une carence en fer;
  • les douleurs pendant les règles sont plus légères ou disparaissent complètement et les cycles deviennent plus réguliers;
  • certaines affections graves que l’on rencontre chez des femmes prenant des pilules «fortement dosées» sont moins souvent observées avec Diane-35.

Pourtant les recommandations de ne pas prescrire, elles aussi étaient bien connues :

  • thromboses dans les jambes, les poumons ou les yeux;
  • antécédents d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral ou stades préliminaires d’une thrombose (troubles circulatoires transitoires, angine de poitrine);
  • diabète sévère comportant des altérations des vaisseaux sanguins, ou antécédents de pancréatite (inflammation du pancréas) avec taux élevés de lipides sanguins;
  • jaunisse;
  • existence ou antécédents de troubles graves de la fonction hépatique, tant que les valeurs hépatiques sont anormales;
  • antécédents ou existence de tumeurs du foie;
  • migraine accompagnée de troubles de la sensibilité, de la perception et/ou des mouvements;
  • présence ou suspicion de cancer du sein ou de l’utérus, lorsque les hormones sexuelles jouent un rôle (hormono-dépendance);
  • hémorragies vaginales inexpliquées;
  • et bien plus…

Prescrite à plus de 300.000 femmes en France, Diane 35 a eu son autorisation de mise sur le marché pour lutter contre l’acné, (AMM) en France, accordé en juillet 1987.

 Mais sa composition avec un cocktail d’hormones de synthèse (le dérivé d’œstrogène éthinylestradiol et un dérivé de progestérone, la cyprotérone) a un effet contraceptif pour les femmes. Diane 35 est autorisé dans 135 pays majoritairement pour traiter l’acné, mais aussi dans certains cas avec une indication de contraception orale associée. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’on puisse paraitre étonné de découvrir les effets secondaires de la contraception chimique. Aux États-Unis, les procès contre les labos font l’actualité depuis de nombreuses années. Car cela fait plus de 20 ans qu’on sait que les «nouvelles» pilules ont augmenté, au lieu de le diminuer, le risque de thromboses veineuses et d’accidents artériels.

Voilà les recommandations nécessaires:

  • avant que vous ne commenciez ou recommenciez à prendre Diane-35, votre médecin devra s’informer avec précision de vos antécédents médicaux personnels et familiaux (maladies dont vous avez soufferts ou survenues dans votre famille) et réaliser un examen général et gynécologique approfondi.
  • l’éventualité d’une grossesse doit être exclue.

Aux gynécologues qui n’ont pas respecté ces mises en garde de rendre des comptes ! Cependant les anciennes n’ont rien à envier à leurs descendantes en matière de toxicité ! Le livre “Pilule amère” du Dr Ellen Grant, fut publié en Angleterre en 1988. Le signal d’alerte avait donc déjà été lancé il y a 35 ans. Or cet ouvrage n’évoque pas seulement les risques de phlébite, d’AVC ou d’infarctus: il dénonce des tas d’effets secondaires graves, dont un risque accru de cancer du sein ! Ces dangers étaient connus dès le début des années 60. Et dire, que moi même, en 1965 j’ai pris, après mon mariage, la première pilule Diane! je l’ai très vite abandonnée car son effet était trop puissant et durait, pour moi, pas moins de 3 mois! Ce qui m’a rendue méfiante. Bien entendu, à l’époque, aucune information sur une éventuelle toxicité ne m’avait été révélée, et aucune analyse ne m’avait été prescrite !! Pour ma part, j’en suis persuadée: qu’elle soit de 1ère , de 4ème ou de 100ème génération, la pilule est dangereuse car on ne joue pas impunément avec les hormones. Il faut s’attendre à un retour de bâton! Dernière recommandation : ce qui vaut pour la pilule Diane 35 vaut pour les génériques Holgyème, Lumalia, Minerva 35, Evepar…

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