Je suis désabusé de la mauvaise foi de notre ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, M.Didier Guillaume qui a déclaré il y a maintenant 9 mois, avec une candeur d’enfant, au micro de la radio RTL : “C’est aux scientifiques de faire la preuve qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides. Il y a peut-être des soupçons, mais il n’y a aucune preuve scientifique“.

Savez-vous comment le dictionnaire Larousse définit le sens du mot pesticide ?

Se dit d’un produit chimique destiné à lutter contre les parasites animaux et végétaux nuisibles aux cultures et aux produits récoltés.” “Lutter” est utilisé ici en synonyme de “tuer”.Comment un produit créé pour tuer peut ne pas être nocif à notre organisme ?

“C’est aux scientifiques de faire la preuve qu’il y a des conséquences à l’usage des pesticides.” (Didier Guillaume – Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation de la République française depuis 2018 – Au micro de la radio RTL le 19 octobre de l’an 2018.)

Il est intéressant de savoir que les pesticides fonctionnent sous 3 modes d’actions distincts :

LES INSECTICIDES

Les insecticides agissent indépendamment du système de défense de la plante. Ils sont spécifiques à l’insecte cible et entrent en contact avec ce dernier par simple adhérence, digestion ou inhalation. La plupart des produits agissent en tant que neurotoxiques et endommagent le système nerveux de l’insecte pour aboutir à sa mort. D’autres empêchent sa mue ou inhibent la faim, ce qui causera sa mort. D’autres encore agissent par asphyxie, interférence dans le métabolisme, ou encore comme poison.

LES HERBICIDES

Les herbicides inhibent la photosynthèse des plantes ou simulent les effets des régulateurs de croissance qu’elles produisent naturellement. Deux grands types de mode d’action existent : soit la substance herbicide agit avant la levée de l’adventice (herbicide de pré-levée), soit elle agit après (herbicide de post-levée). Dans ce dernier cas, on distingue deux catégories : action par contact, donc limitée aux seules parties végétatives exposées à l’air, ou action systémique, c’est-à-dire transport de l’herbicide par le système vasculaire de la plante vers les organes aériens et souterrains non touchés par la pulvérisation.

LES FONGICIDES

Les fongicides sont des agents qui limitent le développement des champignons pathogènes. Il en existe deux grands types : les préventifs et les curatifs. Les premiers forment un film protecteur sur la plante qui empêche la germination des spores du champignon. Ils ne permettent donc pas de contrôler un champignon déjà implanté sur le végétal et doivent être appliqués de façon préventive avant l’apparition de la maladie. Les seconds ont, par contre, une action sur la maladie déjà installée. Ils peuvent être systémiques, non systémiques et translaminaires. Lorsque le fongicide est systémique, il est plus ou moins redistribué dans toutes les parties de la plante par le système vasculaire de cette dernière. Les fongicides translaminaires pénètrent dans les tissus de la plante sans être redistribués alors que les non-systémiques demeurent à la surface des tissus.

Cependant, tout n’est pas à blâmer, force est de constater que le quinquennat du président de la république E. Macron apporte un lot de solution. En effet, le Gouvernement a engagé un plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires avec un objectif de -25% en 2020 et -50% en 2025, et a décidé de mettre fin aux principaux usages du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages, tout en précisant que les agriculteurs ne seraient pas laissés dans une impasse.

Alors oui, moi aussi je trouve que ce n’est pas une stratégie des plus rapides, or, il est vrai que la majorité des agriculteurs, pour des raisons financières, ne peuvent pas solutionner eux-mêmes ce problème. L’État peut-il aider ? Probablement, cependant, vous connaissez l’état de sa trésorerie…

Plan de sortie du glyphosate : le dispositif à https://agriculture.gouv.fr/plan-de-sortie-du-glyphosate-le-dispositif

Les mesures du plan de sortie 

  • La création d’un centre de ressources pour rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate. La plate-forme est en ligne depuis le 1er février 2019 : consulter le centre de ressources ;
  • Le renforcement des actions d’accompagnement dans le cadre du programme Écophyto pour diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses ;
  • La mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture, et de l’enseignement agricole pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate sur l’ensemble des territoires avec l’appui des CIVAM et des coopératives agricoles ;
  • Le suivi des quantités vendues et utilisées des produits contenant du glyphosate, afin de faire toute la transparence sur les usages en publiant régulièrement les données et en les mettant à disposition du public ;
  • La valorisation de ce travail au niveau européen avec les pays volontaires pour s’engager comme la France dans une sortie rapide du glyphosate. Une première réunion avec ces pays a eu lieu en marge du Conseil d’Agriculture en juillet.

Maintenant que le pied du changement est mis à l’étrier de la sortie du c et de la diminution des pesticides en général, savez-vous ce qu’ont engendré, au passé, présent et futur les pesticides sur notre santé ?

Voici les principaux effets, de sources contrôlables, de ces poisons

Geneviève VAN MAELE-FABRY de l’université de Louvain et Laurence GAMET-PAYRASTRE de L’INRA  de Toulouse ont mis en évidence le risque de voir apparaître des tumeurs cérébrales tout comme des leucémies chez les enfants exposés aux pesticides industriels et à usage ménager (Traitement animalier, répulsif anti-moustiques…)

L’inserm, d’après le rapport d’expertise collective concernant les pesticides et leurs effets sur la santé a alerté en 2013 qu’un lien entre l’exposition aux pesticides et le cancer du sein était bien réel. Ce rapport est basé l’analyse de plus de 300 études. Le groupe d’experts a structuré son analyse en trois parties : l’expologie, l’épidé-miologie et la toxicologie.

Une étude de l’INSAR (International Society for Autism Research) a montré que dans l’état de New-York, une hausse significative de 25% du nombre d’enfants autistes ou souffrant d’un retard de développement mental a été constatée. Cette étude a mis en avant le fait que cet accroissement a été reconnu dans des zones spécifiques où des traitements d’élimination de certains moustiques ont été appliqués. Le rapport entre cette augmentation et l’usage de pesticide est irréfutable.

En 1977, une étude Polonaise a testé les effets des pesticides sur les rats. Le résultat est sans appel. Ils souffraient tous d’intoxications graves, détruisant organes après organes jusqu’à la mort de tous les rongeurs.

Vous voilà informés d’une petite partie de l’iceberg que représentent les pesticides. La conscience collective commence à faire son travail, le gouvernement réagit doucement. Serions-nous sur la bonne voie ? Il est bien trop tôt pour le savoir et il reste encore le plus difficile à appliquer, faire entendre raison à ceux qui sont convaincus que les herbicides chimiques sont indispensables…

Voici donc mon conseil, essayez, tant bien que mal, de vous nourrir au maximum de fruits et légumes BIO, de produire vos propres cultures et surtout, d’éviter tout ce qui représente l’industrialisation de masse que l’on retrouve dans les plats tout prêts, incluant ceux qui prétendent mettre en avant la nature (Salade toute prête, fruits déjà épluchés sous vide, de véritables  aberrations…).

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